21 mars 2009
Me voici devant toi
Notre
Maître nous a voulues toute nue et c’est ainsi que je suis devant toi. Tu es
merveilleuse. C’est la première fois que je suis ainsi nue devant une femme.
J’en suis en même temps intimidée et toute excitée. Je ne sais que faire, je me
sens un peu perdue… J’ai tellement envie de te toucher… Nos seins se frôlent.
Quel délice s’empare alors de mon corps. Mes mains attrapent ta taille, je te
veux plus près. Tu passes tes bras autour de mon cou et nos lèvres se
rejoignent. Tout doucement. Ne surtout pas brusquer ce moment, savourer
l’instant de l’attente. Je sens ton souffle. J’aime ton parfum. Il m’enivre.
J’ai envie de cette bouche qui me caresse furtivement. J’ose m’approcher et
poser mes lèvres sur les tiennes. Elles sont douces, suaves. Elles ont un
merveilleux goût de miel. Ma langue vient chercher ta langue. Nous mélangeons
nos salives, nous faisons tournoyer nos langues. Ce baiser est mon premier
baiser langoureux féminin. Il est un délice. Je sens la fièvre monter en moi.
J’ai tellement envie de te posséder. De faire tout ce que tu attends et espères
en secret. Je sens bien que pour toi aussi c’est la première fois et je veux
que cette première soit magnifique, inoubliable.
Nos
corps sont maintenant l’un contre l’autre serrés. Je sens ton ventre sur le
mien, j’ai ton pubis qui caresse le mien. Quelle sensation merveilleuse. Tant
de douceur, tant de caresse. Ta peau laiteuse me donne la chair de poule. Je
sens que chacun de mes mouvements te donne aussi des frissons. Je ne peux plus
te lâcher, tu es prisonnière entre mes bras. Un pas en avant et je te bouscule
sur le lit sans jamais quitter tes lèvres. Je m’en délecte. J’ai envie de toi, de toi toute entière. Je
veux explorer ton corps. Mes mains partent à la recherche de tes seins. Tes
mamelons sont si tendus, si gonflés. Je les caresse du bout des doigts, je
dessine tes seins de mes mains. Ils sont si ronds, si doux. Ma bouche glisse le
long de ton cou, ma langue te caresse, je ne peux plus me décoller de toi. Je descends
encore et du bout de la langue je dessine tes merveilleuses collines. Je les
contourne et les remonte jusqu’à la pointe que je titille du bout de ma langue
pointue. Tu frissonnes. Moi même je ressens tes frissons qui me parcourent le
corps. Tu aimes mes caresses, je vois tes mains attraper la tête du lit. Tu es
mienne je peux faire tout ce que je veux de ton corps. Je lèche tes seins,
leurs pointes se raidissent encore. Je les mordille, je les suce, je les
aspire… Je les dévore de tout mon souffle. Ton corps n’a plus aucune
résistance. Alors je continue ma descente. Ma bouche humide contourne la
cicatrice de ta naissance puis doucement s’y glisse. Je la lape, je l’embrasse,
je la lèche et sens ton bassin qui se dandine. Je sais ce que tu attends. Je sais
ce que tu désires. Tu te cambres, tu te
gonfles et ma bouche continue sa descente. J’y suis là, sur ton Mont de Vénus.
Sur ton pubis vierge de tout passage féminin. Il est à moi gonflé, tendu lui
aussi, attendant mes caresses, attendant mes sévices. Je le caresse. Je pose ma
bouche du bout des lèvres. Je découvre moi aussi mes premières caresses
pubiennes. Jamais je n’avais approché de si près un sexe de femme. Et je suis
là à le désirer plus que tout. Oh comme je suis impatiente de m’y noyer. Mais
je dois y aller avec modération, ne pas te brusquer. Je glisse alors ma langue
le long de tes belles lèvres, si joliment dessinées. Si nues, si lisses, si
douces. Je les dessine. Je les déguste. Je sens que ostensiblement tu me le
donnes, tes lèvres s’ouvrent à chacune de mes caresses. Je ne veux plus te
faire attendre… mes doigts délicatement entrouvrent ces belles lèvres… un
bouton de rose éclate alors au grand jour. Il est sublime. Délicieusement
tendu. Raide comme un homme. Je ne veux pas l’affoler, je passe ma langue tout
autour de ton bouton, je l’évite, je le frôle, je le lèche enfin. Il est
merveilleusement bon. Merveilleusement doux. Je ne résiste plus, je le
mordille, le tire, l’aspire. Je te sens au bord de l’explosion. Je veux alors
te goûter, boire à ta source. Ma langue glisse et s’immisce à l’intérieur de
ton puits d’amour. Tu es délicieuse, mouillée comme une fontaine, gonflée comme
un phallus. Je te pénètre plus à fond, je bouge, je gigote, je tournoie à
l’intérieur de toi. Tu es à moi, à moi seule et tu m’appartiens comme jamais
une femme ne m’a appartenu. Tu vacilles, je sens tes spasmes me serrer la
langue. Et voici ta source qui déborde et inonde ma bouche. Oh Anne, ma douce
aimée, tu es merveilleuse !
(Extrait d'une correspondance 2007)
18 mars 2009
La muse en rut
Ondine encor toute trempée
Puissé-je te montrer un jour
Les coquilles de mon épée
Rompue aux fentes de l'amour
Amour, ô dangereuse escrime
Où Priape est passé prévôt,
Je me consacre à tes travaux
Sous l'enseigne Aux Amis du crime...
Les filles étaient sans-culottes
Aux sombres jours de la terreur ;
Je veux qu'ouvrant la bouche en coeur
Ce soit toi qui me décalottes !
*
Toi que consume un feu nocturne,
Ne penses-tu pas que l'amour
Puisse éclairer au point du jour
Ton doux visage taciturne ?
Une attendrissante gougnotte
Rêve au dortoir, à la chienlit
Où deux fillettes dans un lit
Jouaient au garçon, motte à motte...
Voici l'image libertine
Que renvoie un miroir terni :
Mademoiselle Gamiani
Suçant la fraise de ma pine !
Texte : Pascal Pia (1903-1979)
Illustration : Permission de 10 heure collection de la BNF
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