18 mars 2009
La muse en rut
Ondine encor toute trempée
Puissé-je te montrer un jour
Les coquilles de mon épée
Rompue aux fentes de l'amour
Amour, ô dangereuse escrime
Où Priape est passé prévôt,
Je me consacre à tes travaux
Sous l'enseigne Aux Amis du crime...
Les filles étaient sans-culottes
Aux sombres jours de la terreur ;
Je veux qu'ouvrant la bouche en coeur
Ce soit toi qui me décalottes !
*
Toi que consume un feu nocturne,
Ne penses-tu pas que l'amour
Puisse éclairer au point du jour
Ton doux visage taciturne ?
Une attendrissante gougnotte
Rêve au dortoir, à la chienlit
Où deux fillettes dans un lit
Jouaient au garçon, motte à motte...
Voici l'image libertine
Que renvoie un miroir terni :
Mademoiselle Gamiani
Suçant la fraise de ma pine !
Texte : Pascal Pia (1903-1979)
Illustration : Permission de 10 heure collection de la BNF
Commentaires
Evocateur
Très joliment dit dans l'esprit de cette époque...
C'est très imagé mais j'adore :)
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